Batch cooking et alternatives végétales sont au cœur des préoccupations de Marie Testud, chef de Quitoque et adepte du flexitarisme. Elle partage ses astuces pour réussir la transition vers un régime sans viande.
“Depuis cinq ans, presque tout le monde autour de moi a réduit sa consommation de viande,” souligne Marie Testud. Flexitarienne convaincue, elle déclare : “Je ne consomme presque plus de viande durant la semaine, sauf au restaurant où je me fais plaisir.” Pour ceux qui hésitent, elle identifie un obstacle majeur : la psychologie. “Nous avons été conditionnés à croire que nous aurons encore faim après un repas végétarien, mais ce n’est pas forcément le cas.” Voici ses conseils pour diminuer la consommation de viande tout en se régalant.
Trouver un sens à sa démarche
Pour changer de régime alimentaire, une motivation solide est essentielle. La cheffe évoque les dimensions santé, éthique et économique qui incitent de nombreux végétariens à réduire leur consommation de viande. En effet, celle-ci est souvent associée à des maladies cardiovasculaires, et les conditions d’élevage ne sont pas à négliger. De plus, l’impact environnemental de l’industrie carnivore est préoccupant, sachant qu'il faut 13 500 litres d’eau pour produire 1 kg de bœuf, contre seulement 1 400 litres pour le riz.
Suite à ces réflexions, Marie a décidé de privilégier la quantité et la qualité : “Je fais attention aux ressources de la planète et je préfère consommer moins de viande, mais de meilleure qualité et plus locale.” Elle recommande de commencer par un régime flexitarien, avant d'envisager une réduction totale de la viande.
Obtenez des conseils professionnels
Marie encourage à consulter un diététicien ou un nutritionniste pour comprendre les bonnes associations alimentaires et éviter les carences. Des examens sanguins peuvent également aider à anticiper les besoins nutritionnels lors de cette transition.
Équilibrer les recettes
Il existe trois principales carences potentielles lors d'une réduction de la viande : les protéines, le fer et la vitamine B12. Pour compenser cela, la cheffe recommande de combiner légumes secs, produits laitiers, céréales et œufs dans des plats variés comme les Buddha Bowls. En outre, associer certains aliments comme le citron avec des lentilles vertes peut améliorer l'absorption du fer. Concernant la B12, l'incorporation d'œufs et de produits laitiers est conseillée.
Pour obtenir un bon équilibre en acides gras Oméga 3 et 6, privilégiez les oléagineux et certaines huiles comme celle de coco et de colza. Chaque changement dans le régime nécessite une attention particulière, mais il existe diverses alternatives végétariennes et véganes sur le marché aujourd'hui.
Batch cooking est également un pilier de la cuisine végétarienne : “Il faut être prêt à consacrer du temps à cuisiner,” prévient Marie. En préparant des ingrédients à l'avance, comme le découpage et la cuisson des légumes le dimanche, elle parvient à simplifier considérablement son quotidien culinaire. Couplé à une bonne planification des courses, cela permet d'optimiser ses repas tout en limitant le gaspillage.
Par ailleurs, varier les préparations et les épices aide à redonner vie aux plats. La cheffe suggère de jouer avec les textures pour satisfaire les amateurs de viande. “En utilisant des haricots rouges pour créer un faux steak végétal, par exemple, on peut séduire ceux qui aiment la viande.” De nombreuses recettes peuvent être adaptées aux exigences végétariennes tout en restant délicieuses.







