Humeur. - Une nouvelle tendance culinaire émerge, loin des sentiers battus. Oubliez la cuisine moléculaire ou la fusion food. Le concept révolutionnaire des cuisines fantômes, venu tout droit des États-Unis, redéfinit l'expérience de restauration. Dans ces établissements, pas besoin de réservation, ni de salle à manger. Le chef se met en quatre pour vous livrer des plats directement chez vous. Ou presque.
Imaginez un restaurant prisé comme Le Cheval d'Or à Belleville, Paris, où il faut parfois patienter deux mois pour une table. La frustration des amateurs de bonne cuisine pourrait bien s’apaiser avec les cuisines fantômes. Plus besoin de méditer ou de se montrer patient. C'est un changement tactique grâce à l'économie numérique.
Une simple connexion internet suffit
Depuis quelques années, le numérique a permis l'émergence des ghost kitchens, des établissements sans adresse physique. Fini le personnel de salle, seul un chef est nécessaire. Tout ce qu’il vous faut pour déguster ces plats, c’est un smartphone ou une connexion Internet.
Alors que des services comme UberEats et Deliveroo permettent déjà de se faire livrer des plats depuis des restaurants établis, les cuisines fantômes vont encore plus loin. Dites adieu aux files d'attente et aux mois d'attente pour accéder à la cuisine tendance. Le fooding at home est la nouvelle norme. Bien sûr, l'expérience manque de ce brin de romantisme d'un chef salutant ses clients, mais qui s'en soucie quand la qualité des mets est au rendez-vous?
Un véritable enjeu financier
La foi des investisseurs dans ce marché en pleine croissance est telle que Travis Kalanick, l’ex-PDG d'Uber, a créé CloudKitchens, incubant ainsi des restaurants fantômes. À l'aide d'Uber, 4 000 nouveaux établissements virtuels ont vu le jour aux États-Unis en 2017. L’entreprise scrute chaque quartier pour identifier les besoins non satisfaits en gastronomie, encourageant ainsi les chefs locaux à se lancer dans l'entrepreneuriat virtuel.
Les puristes du restaurant traditionnel pourraient crier au scandale, mais la demande est bien présente. Une étude menée par L.E.K. prédit que le chiffre d'affaires des services de livraison de repas à domicile connaîtra une croissance trois fois plus rapide que celui des restaurants traditionnels d'ici 2023. Les amateurs de gastronomie âgés entre 21 et 36 ans représenteront 70 % de ce marché. Peu importe la table, tant que l'on a à sa disposition des plats de qualité!
La question qui se pose désormais est la suivante : les inspecteurs du Guide Michelin devront-ils entrer dans nos salons pour évaluer ces nouvelles cuisines?







