Récemment, les réseaux sociaux ont vu émerger une nouvelle tendance : boire de l’eau non filtrée, non bouillie, souvent prélevée à même des sources naturelles. Les spécialistes de la santé tirent la sonnette d'alarme face aux risques potentiels pour la santé associés à cette pratique.
Ce phénomène, en vogue sur des plateformes comme TikTok, prétend offrir une alternative plus savoureuse et riche en minéraux comparée à l'eau du robinet. Pourtant, les professionnels de la santé, comme ceux de la Cleveland Clinic, soulignent qu’un certain nombre d’éléments naturels peuvent devenir nocifs sans préparation adéquate. À titre d'exemple, la consommation de poulet nécessite une cuisson pour éviter de potentielles contaminations bactériennes.
Origines de cette tendance
Le mouvement vers une alimentation plus naturelle s'inscrit dans une croyance majoritaire selon laquelle les produits transformés par l'industrie sont néfastes. William J. Sullivan, professeur à l’Université de l’Indiana, note que des études montrent un lien entre la consommation d'aliments ultra-transformés et une multitude de problèmes de santé, tels que l'obésité ou des maladies cardiovasculaires. Il est important de noter que l'eau du robinet, souvent critiquée, peut présenter des niveaux de microparticules de plastique alarmants pourtant cela ne justifie pas la consommation d’eau brute.
En Europe, par exemple, une enquête menée par Orb Media affirme que 72 % de l'eau du robinet contient des microparticules. Néanmoins, les experts s'accordent à dire qu'opter pour de l'eau non traitée est loin d'être une solution viable.
Les risques encourus
Le Dr Sullivan souligne que même les sources d'eau en apparence pures peuvent être contaminées par divers agents pathogènes. Des bactéries telles que E. Coli et Salmonella, ainsi que des virus comme le rotavirus, peuvent causer de graves troubles intestinaux :
- Infections intestinales dues à des parasites comme Cryptosporidium et Giardia.
- Infections hépatiques causées par le virus de l’hépatite A.
Contrairement à l’idée que l’eau brute éviterait toute contamination humaine, elle peut aussi être chargée de pesticides, de métaux lourds comme le mercure et d'autres polluants provenant de l'industrie. De plus, ces contaminants peuvent être présents même après que l'eau a atteint la surface.
En 2023, un rapport de l'ONU a révélé qu'environ 2 milliards de personnes n'ont pas accès à l'eau potable, ce qui entraîne des conséquences sanitaires catastrophiques. Dans les pays développés, la mise en place de traitements comme le chlore a largement contribué à l'élimination d'épidémies de choléra et de typhoïde, rappelle Marion Nestle, biologiste et professeure émérite à l’université de New York.
Les additifs dans l'eau potable
Bien que l’eau municipale contienne des désinfectants tels que le chlore, ces substances sont régulées par des normes de sécurité strictes. En France, la qualité de l'eau du robinet est régie par des directives européennes. Certaines personnes s'inquiètent des effets du fluorure, souvent ajouté pour améliorer la santé dentaire, mais ce dernier est corrélé à des réductions notables des problèmes dentaires selon les experts.
Pour ceux craignant la présence de plastiques dans l'eau du robinet, faire bouillir cette dernière avant consommation constitue une méthode simple et efficace pour réduire la présence de microplastiques, selon une récente étude publiée par la Société américaine de chimie.







