Les vignerons provençaux misent sur le rouge
Demain, les vins rouges de Provence pourraient être reconnus parmi les grandes références françaises. C’est un tournant majeur pour cette région, traditionnellement associée aux rosés.
Ces rouges, bien ronds et doux, conservent une belle structure sans excès de sucre. Ils se consomment sans formalisme, accompagnant facilement la cuisine contemporaine, tout en s’imposant face à une réputation de vins de plaisir estivaux. Les vins de Provence connaissent un succès, bien mérité, et les cuvées de qualité montent en flèche.
Il est essentiel de rendre hommage aux vignerons de la région, engagés depuis trois décennies pour dépasser l’image des rosés bon marché destinés aux touristes. Bien que certains producteurs restent attachés à cette tradition, les rouges de Provence méritent de briller aux côtés de leurs célèbres homologues rosés.
Un héritage de terroir et de savoir-faire
Chaque terroir en Provence présente un caractère unique. L’appellation Bandol, dirigée par des pionniers comme Henri de Saint-Victor, s’efforce depuis longtemps d’imposer des rouges de qualité, souvent plus chers que les rosés, mais avec un potentiel d’exportation considérable. Les appellations Bêlé, Palette et Cassis, bien que plus modestes, sont stratégiques sur leurs marchés spécifiques. Les Côtes de Provence (20 000 ha) et les Coteaux Varois en Provence se diversifient et se distinguent désormais pour leur qualité.
Jacqueline Guichot, pharmacienne du Nord, déclare : "Je suis venue pour le paysage et le climat, mais c’est surtout le potentiel des terroirs qui m’a séduite," révélant ainsi l’attrait grandissant pour ces vins.
Des innovations riches en résultats
La Provence évolue sous l’impulsion des vignerons locaux et d’investisseurs extérieurs. Les caves modernes rivalisent désormais avec celles de Bordeaux et de Bourgogne. "Nous avons investi plus d'un million d'euros dans la modernisation de notre cave," affirment Valérie et Philippe Riboud du château Roubine. Les nouvelles régulations sur les cépages, bien que sujettes à débat, ont permis une netteté d'intention.
Certaines restrictions, comme celle sur le carignan dans les Baux-de-Provence, soulèvent des questions, mais l’importance de l’assemblage est incontestable pour produire des grands vins. En intégrant treize cépages dans les Côtes-de-Provence, les vignerons ont les clés pour exceller.
Pour en savoir plus vinsdeprovence.net
Carnet de dégustation
1. CHÂTEAU-LA-TOUR-DE-L‘ÉVÉQUE étiquette noire 2001 - 15,80 euros : un vin rare et soyeux.
2. Château-sainte-roseline cuvée prieuré 2005 - 17,85 euros : un vin puissant au potentiel de garde exceptionnel.
3. Château-des-garcinières cuvée du prieuré 2004 - 9,20 euros : un assemblage équilibré et savoureux.
4. Château-coussin-sainte-victoire cuvée César 2001 - 18 euros : un grand vin avec une touche boisée subtile.
5. Commanderie-de-peyrassol Château-de-peyrassol 2004 - 16,20 euros : un vin complexe et structuré.







